Alejandro Falcón : l’autre pépite du piano cubain

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Alejandro Falcón : l’autre pépite du piano cubain

Le pianiste cubain Alejandro Falcón est en concert gratuit à Enghien-les-Bains ce dimanche 7 juillet à midi. Grand défenseur de la rumba et du danzón de son Matanzas natal, son jazz se teinte aussi de musique classique ou de trova.

On a parfois l’impression de se répéter mais force est de constater que la source ne tarit pas. Après les Chucho Valdés, Roberto Fonseca, Harold López-Nussa, Rolando Luna déjà chroniqués dans nos colonnes, penchons-nous un peu sur le cas Alejandro Falcón.

Le natif de Matanzas sera en concert gratuit à Enghien-les-Bains ce dimanche 7 juillet à midi, au Jardin des Roses. Les plus attentifs se souviendront de sa période Maraca, de 2004 à 2009, et ceux qui ont une mémoire d’éléphant de son passage chez Paulito FG les deux années précédentes.

C’est en 2008 qu’il forme son quartet, Cubadentro, distribuant généreusement sa démo quatre titres qui marquait déjà bien son territoire : celui d’un jazz cubain solidement enraciné dans deux des styles majeurs de la musique cubaine, tous deux nés à Matanzas, le danzón et la rumba.

Ainsi, Las Alturas de Simpson, premier danzón créé par Miguel Faílde en 1879, se parait de nouveaux atours et Thelonious Monk se baladait dans le quartier rumbero de Pueblo Nuevo (Monk en Pueblo Nuevo).

L’album Claroscuro, sorti en 2012 chez Colibrí, reprenait ces thèmes et mettait en lumière d’autres facettes du jeune musicien, comme la trova, avec une version de Longina par la diva Omara Portuondo, et la musique classique européenne (Preludio No. 3). Son deuxième opus, Cuba now danzón, était entièrement dédié au danzón dans une perspective contemporaine (Colibrí, 2014) tandis qu’en 2018, le troisième, Mi monte espiritual, toujours chez Colibrí, mettait en relation rythmes bantous et yoruba, jazz et musique concertante.

Falcón est aussi à l’aise dans un club de jazz comme la Zorra y el Cuervo que dans la Basilique San Francisco de Paula, et ses collaborations vont du jazz (César López, Ruy López-Nussa, Jorge Reyes, Yasek Manzano…) au classique (Orchestre Symphonique de La Havane ou Camerata White de Matanzas) en passant par le danzón (Charanga Rubalcaba, Orquesta Faílde de l’arrière-petit-fils de Miguel, Ethiel) et la rumba : il fut le principal protagoniste, avec Los Muñequitos de Matanzas, du spectacle Jazz con Guaguancó donné en janvier dernier au Théâtre Nacional de Cuba dans le cadre du festival Jazz Plaza.

Sa carrière solo l’a trop souvent entraîné loin de nos contrées : Egypte, Inde, Japon, Argentine et Espagne. Le concert d’Enghien est donc l’occasion à ne pas manquer pour (re)découvrir celui qui pourrait bientôt intégrer la Dream Team des pianistes cubains.

Par Didier Ferrand | akhaba.com

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