Les Oudaden à l’IMA et en Gironde

concert

Les Oudaden à l’IMA et en Gironde

Les Oudaden, le plus grand groupe amazigh du monde, expriment le vendredi 6 avril à l’Institut du monde arabe et le dimanche 8 au Rocher de Palmer de Cenon, banlieue bordelaise leur culture berbère du Sud marocain, le Souss Massa Drâ, l’arrière-pays d’Agadir. Une tradition qu’ils interprètent de manière survoltée, un rock sans âge.

Le chanteur Abdellah El Foua et ses quatre acolytes font sonner le folk soussi comme une ouragan, un vertige hérité des anciens bardes, les raïs (ou rwâyes en pluriel arabe), maîtres d’une musique popularisée par le troubadour Raïs Lhadj Belaïd (1873-1945), élevé dans un mellah, quartier israélite, des environs de Tafraout, fréquentant chanteurs et poètes berbères juifs, et premier Berbère marocain à enregistrer dès 1937, à Paris. Celui qui a introduit le rebab monocorde dans la musique chleuh.

Ses héritiers spirituels, les Oudaden (mouflons, en amazigh), eux, ont mis banjo, guitare électrique, tambour aux côtés des traditionnels derbouka, bendir, percussion métallique naqouss et tbilate pour chanter furieusement l’amarg.

Cette poésie populaire du Souss, mélangeant traditionnellement amour et foi, s’est transformée en signe majeur pour la reconnaissance officielle des langue et culture berbères, qui a incité une poignée de jeunes voisins de Bensergao, près d’Agadir, à se former en 1978 en groupe pour devenir actuellement les Stones du Souss, mais davantage préoccupés par le « bruit » de la rue berbère, des changements des mœurs, des bouleversements des valeurs que par celui du tiroir-caisse.

Les Oudaden, à l’exemple de leurs compatriotes les Izenzaren (criquets), formés en 1972, et de la nouvelle chanson kabyle en Algérie, sont à l’aube d’une protest song, d’un revival des cultures régionales, ethniques, qui vont déferler sur tout le Maghreb et qui durent encore.

Il faut assister au festival Timitar d’Agadir aux chants déclamés par les Oudaden repris en chœur par des dizaines de milliers de jeunes, qui pour la plupart n’étaient nés pas quand les mouflons du Souss ont commencé à semer les graines de la tempête.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com | 2012-04-05

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