Couscous rock à Paris

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Couscous rock à Paris

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Couscous Clan © Alexandre Chatton

Rodolphe Burger, fondateur de l’ancienne bande strasbourgeoise Kat Onoma (1986-2004), et Rachid Taha, leader de l’ex-clan lyonnais Carte de Séjour (1980-1989), ont noué une complicité, il y a à peu près trois ans, pour délivrer une nouba d’une autre planète. Une musique qui rit, rauque et dérègle la bien-pensance du rock réglementaire.

Ce Couscous Clan, avec aussi aux fourneaux Hakim Hamadouche (oud, mandole), Kenzi Bourras (claviers), Franck Mantegari (batterie), Julien Perraudeau (basse), est servi dans le cadre de l’exposition Vivre !! la collection agnès b. au Musée national de l’histoire de l’immigration (jusqu’au 8 janvier 2017).

La voix grave, la guitare singulière, Burger, natif de Colmar, a inventé un rock punk aux confluents du jazz, des musiques expérimentales et autres ambiances crépusculaires inspirées du Velvet Underground, période ténèbres. Le timbre rocailleux, la gouaille aiguisée, Rachid Taha, natif d’Oran, a fondé un rock poil à gratter parce que chanté en algérien, avec des rythmes arabes, notamment chaâbi, dans un Hexagone où soufflent déjà les vents mauvais et pernicieusement enflés.

L’esprit bastringue, le Couscous Clan de Rachid Taha s’est construit officieusement, presque clandestinement, dans une veine indépendante, éphémère, la jouissance de jouer dans des bars franciliens, avant de fouler officiellement de grandes scènes. Et c’est dans un troquet de Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, qu’est allumée la mèche en 2013 lors du C’est dans la Vallée avec Burger lors de ce festival atypique qu’il a créé en 2001, ou selon son mot « un meeting d’artistes ».

Deux imaginaires décapants, une attaque commune pour le renversement des musiques convenues, voire au-delà, les deux larrons façonnent leur couscous-choucroute épicé en mutinerie truculente, espiègle mais sérieusement juste.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com