Les Andalous de Tétouan sur Seine

concert

Les Andalous de Tétouan sur Seine

Le cycle des Musicales de l’Institut du monde arabe présente (en petite formation, dix artistes dont une femme) une variante de la musique arabo-andalouse présente jusqu’en Turquie et dont Tétouan est l’un des fiefs historiques au Maghreb, représenté ce vendredi 4 novembre par l’ensemble Mohammed Larbi Temsamani. A l’est de Tanger, proche de l’enclave espagnole Ceuta, Tétouan est considérée par son architecture et son art comme la ville la plus andalouse du Maroc. Détruite en 1399 par les Espagnols harcelés par ses redoutables corsaires, la cité est entièrement reconstruite après la chute en 1492 de Grenade, dernier royaume arabe d’Espagne, par les juifs et les musulmans andalous fuyant l’Inquisition. Elle connaît alors un essor fastueux qui atteint son apogée au XVIIIe siècle, enrichie par son environnement rurale et berbère et par les apports ottomans, alors que sa culture est restée dominée par la personnalité conservatrice de ses habitants qui ressemble au tempérament du Grenadin. Une histoire et des caractères qui imprègnent la âla, appellation marocaine de la multiséculaire musiques arabo-andalouse.

Pourtant, c’est un des enfants de Tétouan, Mohammed Larbi Temsamani (1920-2001), apprenant la flûte des ses huit ans, qui va oser les  innovations plus déroutantes dans le genre en y introduisant, aux côté des oud, derbouka, tar, rebab, qanun, les piano, clarinette, saxophone. En 1956, l’année où il fonde l’orchestre les Andalous de Tétouan, Temsamani devient le directeur du Conservatoire de musique national de Tétouan, créé dans les années 1940, durant le protectorat espagnol sur le Nord du Maroc et dont la cité andalouse était la métropole. Aujourd’hui, c’est un de ses meilleurs élèves, Mohamed Amine El Akrami, qu’il a découvert en 1968, qui dirige cet ensemble qu’il a intégré dès 1974 aux côtés notamment de Abdessadak Chekkara (1931-1998), issu du Conservatoire portant le nom du son professeur. Un hommage au célèbre maître reconnu pour sa précision dans l'exécution, son travail d’unification de la san’a ou çanaâ, un style également développé par l’école andalouse d’Alger, son introduction de fioritures musicale appelées zwaq, son encouragement aux voix féminines et aux jeunes talents.

Par David Marif | akhaba.com

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