Joe Arroyo décède en Colombie

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Joe Arroyo décède en Colombie

Seigneur de la salsa colombienne, José Arroyo est mort au petit matin du 26 juillet, après un mois d’hospitalisation pour ses multiples problèmes de santé à Barranquilla, nord de la Colombie. Chanteur international, il était aussi connu pour ses innombrables excès de drogue, alcool, frasques sexuelles et cures de désintoxication qui n’ont jamais altéré sa popularité auprès des Colombiens. En 2000, il avait sombré dans un coma de trois mois : thyroïde, pour les uns, overdose de cocaïne, pour d'autres. Le décès de sa mère dans les années 1990 des suites d'une liposuccion (la Colombie est un des pays premiers en chirurgie esthétique) l'avait profondément affecté. 2011 devait être l’année de son grand retour avec une tournée internationale (le 12 mars, il avait chanté en Seine-Saint-Denis), un Latin Grammy d’honneur couronnant sa carrière à lui remettre en novembre à Las Vegas. Depuis fin mai en Colombie, la chaîne RCN réalise des records d’audience avec El Joe La Leyenda, une telenovela consacrée à la vie du chanteur. Miné par les maladies depuis les années 1980, le sonero a été donné pour mort à plusieurs reprises par la rumeur publique en raison de ses absences médiatiques, ses annulations de concert dues à sa santé fragile. Sa disparition survient alors que son entourage est en plein déchirement entre son ex-femme Mary Luz Alonso et leur fille reprochant à sa dernière épouse, depuis 2000, Jacqueline Ramon et à son agent, de profiter de lui.

Ténor puissant et charismatique, prince du soneo, l'improvisation chantée, Álvaro José Arroyo González dit affectueusement “El Joe” est vite devenu une légende. Il se fait connaître dès ses dix-sept ans avant de fonder en 1981 son propre groupe, La Verdad, avec l’excellent pianiste Chelito de Castro. Formation où Arroyo mélange salsa, cumbia, kompa, porro, soca, reggae, zouk, et écrit une série ininterrompue de tubes qui le font connaître dans toute l’Amérique latine et aux Etats-Unis. Notamment La Rebelión (1996) où il revendique fièrement ses origines africaines dans une Colombie marginalisant sa minorité noire. Une chanson qui raconte l’histoire au XVIIe siècle d'un couple d'esclaves à Carthagène, devenue emblème des opprimés, et qui sera analysée par les sociologues et autres spécialistes de la musique. Joe chantera même en wolof en 1999 Yamulemau, écrit par le Sénégalais Labah Sosseh. La plupart des stars latinos lui rendent hommage comme l’Américain Willie Colón, le Vénézuélien Oscar D’León ou son propre compatriote Juanes qui avait repris un de ses plus grands succès, La Noche (1999). Joe Arroyo laisse une quarantaine d’albums. Il avait cinquante-cinq ans.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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