3e Prix Musiques de l’Océan Indien à Mayotte

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3e Prix Musiques de l’Océan Indien à Mayotte

Ils étaient 185 candidats à concourir pour la 3e édition du Prix Musiques de l’Océan (Comores, Mayotte, Seychelles, Madagascar, Maurice, La Réunion, Rodrigues). Il en reste trois pour la finale du 15 octobre 2011 dans le cadre du festival Milatsika de Chiconi, à Mayotte. Et, bien sûr, il y a parmi les finalistes une nouvelle vedette de ce territoire français promu récemment département, Bo Houss dont le hip hop reste musicalement anecdotique si l’on ne comprend pas le mahorais. Avec son groupe 976, Bo Houss, vingt-cinq ans, mobilise depuis 2008 sa génération davantage pour ses paroles que pour ses compositions de rap, plutôt mélodieux, parfois de raggamuffin, mais où il faut tendre l’oreille pour déceler les musiques traditionnelles mahoraises, généralement des rythmes de danses souvent féminines (déba, m’biwi, wadaha), un peu masculines (chigoma).

Mené par le chanteur guitariste Luciano Mabrouck, le groupe réunionnais Kom Zot joue depuis sa formation en 1991 du reggae, voire du maloggae, fusion de la cadence jamaïcaine et du maloya de son île, la tradition avec laquelle ses membres ont commencé dans leur chaud... Chaudron, le quartier de Saint-Denis de La Réunion réputé pour ses révoltes. Sur l’île, les Kom Zot ont assuré régulièrement les premières parties des stars jamaïcaines reggae de passage dont les Gladiators qui les ont invités sur leur dernière tournée internationale en 2004.

Le troisième finaliste, Teta de Madagascar (le plus fort contingent de candidatures avec 68 postulants) est un chanteur guitariste de grand talent, un rénovateur serein du tsapiky, tradition du sud de la Grande Ile, d’où il est originaire, et à laquelle il donne parfois des accents jazzys. Fondateur de plusieurs groupes depuis 1988 avant d’entamer un parcours solo dès 2007, Claude Teta compose des mélodies sobres, sophistiquées, chantées par une voix chaude sur un jeu de guitare singulier qui le fait souvent comparer à son compatriote plus connu internationalement et avec qui il a souvent joué, D’Gary. A nos yeux, pardon, oreilles, Teta mérite de loin le Prix Musiques de l’Océan Indien 2011 qui lui ouvrirait en 2012 plusieurs festivals en France (Musiques Métisses d’Angoulême, les Suds à Arles, les Francofolies de La Rochelle, Fiesta des Suds de Marseille…) ou au Maroc (Timitar d’Agadir). Si son âge n’est pas considéré comme un handicap. Lauréat à quarante-quatre ans, Teta serait radieux comme le nom de son ethnie, les Mahafaly, qui veut dire heureux.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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